Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 13:21

Exemple 2 : le temple Lingyin (灵隐)

            Le temple Lingyin est situé dans la ville de Hangzhou (province Zhejiang, non loin de Shanghai), chaque année son « aura » s’étend rapidement en Chine. Aujourd’hui, plus de 50 % des revenus de ce temple proviennent des billets d’entrée. En 2001, ces revenus s’étaient élevés à 40 millions de yuan (soit 4,4 millions d’euros environ). Grâce au « succès » grandissant du temple, se traduisant automatiquement par une forte augmentation des ventes de billets d’entrée, les responsables du temple ont donc décidé d’augmenter le prix du billet, le faisant passer de 10 à 30 yuan. En 2004, le nombre de personnes ayant visité le temple était supérieur à 5 millions, l’opération est des plus simple pour savoir combien ils ont « gagné » cette année-là : 150 millions de yuan (16,5 millions d’euros environ). D’après des responsables politiques de la région et des responsables du temple, le temple serait prêt à accueillir plus de 7,5 millions de visiteurs par an, permettant aux responsables du temple et aux responsables politiques de la région de gagner plus de 220 millions de yuan (soit plus de 24 millions d’euros). Car, bien entendu, les « bénéfices » sont partagés entre voyous, c’est bien connu ! Ne sont pas comptabilisés, comme pour le temple de Shaolin, ni les dons en argent ni les dons matériels !

            Nouvelle question : que peuvent-ils bien faire de tout cet argent ?

 

Situation des petits temples :

            Nous pourrions nous dire que les temples importants sont ceux qui reçoivent le maximum d’argent, et les faits confirment cette impression. Mais, les petits temples, par exemple dans les provinces du Jiangsu et du Zhejiang, ne font pas payer de billets d’entrée, cette pratique attire donc de nombreux croyants des grandes villes alentours tels que Shanghai et Hangzhou, mais en « compensation », ils font payer au prix fort les cérémonies religieuses [ne connaissant pas très bien les religions chinoises, nous vous renvoyons par conséquent sur des ouvrages spécialisés pour un éclairage bien plus pertinent sur ces questions de cérémonies].

            En effet, par exemple le temple Guanghua (广化), à Pékin, à une tarification des plus claire allant de 500 à 40 000 yuan (de 55 à 4 400 euros) répartit de la manière suivante : une demi-heure de rite pour les morts (pour qu’ils ne viennent pas troubler les vivants…) est facturée 5 000 yuan (550 euros environ) ; 4 heures de récitation de soutras sont elles facturées 8 000 yuan (880 euros) ; 7 jours où des moines récitent des soutras dans la demeure de la famille de la personne décédée, ce service est facturé quant à lui : 40 000 yuan (4 400 euros) !!

            Par conséquent, de nombreux temples se sont spécialisés dans les services décrits ci-dessus (cérémonies funéraires, récitations de soutras...), rien d’étonnant alors à ce que les temples chinois, petits ou grands, soient encore plus riches d'une année sur l'autre.

            Et notre question réapparaît : mais que font-ils de tout cet argent ?

 

Wangyoann.

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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 13:47

Exemple 1 : le temple de Shaolin

            Sans doute l’un des temples les plus connus à la fois en Chine et à l’étranger. Lieu célèbre pour être l’un des hauts lieux du Kung-fu, les moines du temple de Shaolin ont déjà quelques années de curieuses pratiques derrière eux qui rapportent tellement d’argent à la région et aux moines eux-mêmes que des tensions très fortes éclatent régulièrement entre les autorités locales (police et armée, c'est l'« originalité » d'une dictature, puisque les militaires ont eux aussi leur quote-part dans la corruption locale) et les autorités du temple. Pourquoi à votre avis ? Pour les centaines de millions de yuan (et peut-être même davantage) que rapportent chaque année toutes les activités du temple : billets d’entrée, gestion des écoles de Kung-fu, manifestations/exhibitions à l’étranger, dons au temple, ventes d’objets…

            Par ailleurs, le big boss du temple, Shi Yongxin (释永信), s’y connaît en business, car non content d’être le représentant en chef de la trentième génération de supérieur du temple, c’est le premier big boss à avoir obtenu, tenez-vous bien, un MBA (ça fait sourire, non ? comment l’a-t-il obtenu, les voix de Bouddha sont elles aussi impénétrables !) !! D’ailleurs sur la photo ci-dessous, il est présenté comme le C.E.O. (c'est-à-dire le PDG) du temple (nous vous passons toutes les fonctions interminables qu’il a à droite et à gauche dans des associations bouddhiques, ou comme représentant du parti) :

shaolin.gif

          Source: Google images


            Selon des statistiques très très partielles, les revenus du temple de Shaolin peuvent être découpés de la sorte : billets d’entrée 100 yuan, dont 30 yuan arrivent directement dans les caisses du temple, chaque année ce sont plus de 2 millions de visiteurs qui visitent le Disney des arts martiaux, le compte des revenus liés aux billets d'entrée est rapide... ; les nombreuses écoles qui dépendent directement du temple, pas de moins de 58 dans la ville de Dengfeng (登封) au pied des montagnes où se situe le temple (sachant que chaque école a plusieurs milliers d’élèves, que chaque élève paie au moins 3000 yuan par an !), à ces nombreuses écoles il faut rajouter les innombrables structures disséminées dans une centaine de régions et de pays, lesquelles structures se retrouvent sous la houlette des moines Shaolin, ce sont à nouveau des centaines de millions de yuan qui se jettent dans les bras des moines ; la vente de nombreux produits estampillés « Shaolin » ; les exhibitions à l’étranger…... : nous arrivons à des revenus annuels qui dépassent plusieurs centaines de millions de yuan (voire un à deux milliards de yuan, soit de 50 à 100-200 millions d’euros de chiffres d’affaires par an, soit autant d'argent ou presque de « bénéfices »), comme les temples ne paient pas d’impôts, c’est de l’argent presque net ! De ces calculs très superficiels, ne sont pas comptabilisé ni les dons, en monnaie sonnante et trébuchante, gigantesques qui doivent affluer dans le temple, ni les offrandes matérielles que reçoivent les moines, à l’instar de la nouvelle voiture qu’à reçu le big boss du temple en 2009, voir photo ci-dessous :

shaolin-voiture-du-CEO-2009-offert-par-ville-de-Dengfeng.gif

 

shaolin-voiture-du-chef.gif      Sources: Google Images


            En définitive, les revenus du temple de Shaolin pourraient s'élever à plusieurs centaines de millions d’euros par an !! Sachant que ce manège dure depuis des années, vous imaginez bien que les caisses des moines de Shaolin sont extrêmement bien fournies, et donc la question suivante qui nous vient immédiatement à l’esprit est : mais que font-ils de tout cet argent ? Car sur une dizaine d’années, cela fait un pactole de plusieurs milliards d’euros pour les seuls moines de Shaolin !!

 

Wangyoann

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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 14:33

            Quand on pense à la Chine, on peut penser à la religion bouddhiste, taoïste ou confucianisme (qui n’est pas vraiment une religion, mais plutôt une « école, une philosophie, un courant de pensé »). En réfléchissant à ces diverses « chapelles », on se dit qu’il s’agit pour la plupart de moines habitant dans des monastères sobres, des moines menant une vie calme, pleine de méditation, une vie remplie de « religiosité » où il fait de sa personne un rempart contre la modernisation provenant du monde extérieur, et bla-bla-bla et bla-bla-bla…

            Oui, MAIS ATTENTION, en Chine au XXIe siècle, les nouveaux moines sont sur le pied de guerre, plus riches que Crésus et que Bill Gates réunis, ils en feraient voir de toutes les couleurs à certains États, tellement leurs caisses sont bien garnies. Un État dans l’État ? En tout cas, des forces de plus en plus puissantes et bien évidemment de plus en plus occultes ! Leurs comportements et leurs attitudes se sont profondément modifiés durant ces quelques années, car le Dieu de l’argent s’est malheureusement lui aussi abattu avec une force inouïe sur ces nouvelles âmes corrompues ! Les nouveaux pêcheurs sont peut-être là où l'on ne les attendait pas.

            Vous le découvrirez dans les quelques paragraphes qui suivent, les milliards pleuvent (ou sont déjà dans leurs caisses) sur les moines chinois !

            LA question essentielle qui suscite de plus en plus d’interrogations de la part d’intellectuels chinois - notamment de sociologues et de journalistes - est : « combien gagnent les temples chinois chaque année » ? Car les enquêteurs, scientifiques ou journalistes, sont à chaque fois opposés à des murs de silence de coffres-forts impénétrables, peut-être plus solides encore que les coffres suisses. Le chercheur Li Xiangping de l’Université normale de Chine de l’Est, est lui aussi très curieux, mais il n’a pas pu à ce jour se procurer la moindre statistique, il le dit lui-même : « 它目前还是一个黑箱 » (aujourd’hui, c’est [les statistiques sur ces revenus] encore une boîte noire). Li Xiangping s’est rendu dans plusieurs temples, et s’est entretenu avec plusieurs de ses responsables, il dit que « 每家寺院对经济收入都守口如瓶 » (les revenus de chaque temple [bouddhique] sont des secrets jalousement conservés), il continue : « 我们很无奈,一碰及这个话题,原本关系很好的一些方丈,住持都不接待你了,搞不好还被赶出来 » (Nous ne savons pas quoi faire, dès qu’on évoque cette question, les supérieurs avec qui nous avions de bonnes relations au début ne nous accueillent plus, si les choses tournent mal, on [peut en plus] se fait éjecter).

            Aujourd’hui, de nombreux temples organisent eux-mêmes leur propre business : hôtels, objets d’art et objets en tout genre proposés à la vente (dont de la musique, des vidéos, des livres…), cérémonies funéraires (qui rapportent beaucoup d’argent), toutes activités de prières (qui rapportent là également beaucoup d’argent en fonction du temple et du temps de la prière ; eh oui, le prix n’est pas le même si les moines doivent faire une prière d’une heure ou de deux heures, comme le dit le diction : le temps c’est de l’argent !).

            Les autorités chinoises contribuent, bien entendu, à enrichir les temples en ne leur faisant pas payer de taxes immobilières ou de taxes foncières, ni de taxes sur les billets d’entrées des temples.

            Depuis des siècles, les finances des temples chinois dépendaient principalement des subsides de l’État, du ministère équivalent au Ministère de l’archéologie, du Ministère du Tourisme et du Ministère des Forêts. Aujourd’hui, les vampires en kesa se sont diversifiés, eux aussi connaissent la réussite puisque l’argent tombe tout seul dans leurs besaces, ce que nous illustrons par quelques exemples ci-dessous.

 

Wangyoann

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Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 14:51

                Un exercice entre l’armée de l’air chinoise et l’armée de l’air turque s’est terminé par une belle raclée de la Chine, le score final était en effet de 8 à 1 pour les Turques !! Inutile de vous rendre compte de l’humiliation subie par les responsables politiques et militaires chinois, puisque la Chine s’imagine pouvoir rivaliser dans les 10 ou 15 ans (du moins dans le domaine de la technologie militaire) avec les grandes puissances étrangères : États-Unis et Europe.

                L’information qui vient juste d’être révélée par la presse chinoise met quelque peu dans l’embarras les officiels Chinois. Prétendant dans un premier que cette information était fausse, ils reconnaissent aujourd’hui, du bout des lèvres, que l’information était en réalité exacte.

                Cet exercice militaire s’est déroulé en Turquie. Pour sa première participation à un « entrainement militaire sous l’égide de l’OTAN ». La Chine s’est bien illustrée, sans doute pas de la manière que le souhaitait les responsables chinois ! Le plus cocasse est que l’armée de l’air turque ne sait contentée d’utiliser pour cet exercice que des avions F 4 (mis en service en 1960 et qui constitue la 2e génération des avions de chasse américains ; aujourd’hui pour le F22, on en est à la 5e génération !), c'est-à-dire un avion à la technologie bien moins développée que les F 16 qu’ils possèdent pourtant. Avaient-ils déjà prévu la dérouillée qu’ils mettraient aux Chinois s’ils utilisaient leur F 16 ? Ce qui expliquerait que les Turques se soient « contentés » du F4 ? En face, l’armée chinoise s’est engagée avec le Soukhoï 27 (considéré comme un appareil de 3e génération) de technologie russe. Pourquoi les Chinois n’ont-ils pas présenté leur propre avion de chasse le plus avancée technologiquement : le « Jian 15 » (15) ? Peut-être pour ne pas se ridiculiser davantage. Le journaliste, auteur de l’article, se moque gentiment en s’interrogeant : « 除非我们的飞行员睡觉了 » (à moins que nos pilotes se soient endormis) ; c’est vrai, voilà peut-être l’explication !

                De toute manière, les officiels Chinois ne communiquent pas sur les résultats de cet exercice, ils ne cherchent même à tenter d’expliquer les raisons de cette défaite nette et sans bavure. Auraient-ils peur de se ridiculiser à nouveau ?

 

Quelques photos sur l'avion chinois le plus perfectionné (une petit recherche sur internet montre des modèles d'avion qui ne se ressemblent pas vraiment !) Sources: images Google et Tiexue.net pour les photos.

jian-15.gif

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Source : 凤凰周刊 

Wangyoann.

 

Par wangyoann
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Samedi 4 décembre 2010 6 04 /12 /Déc /2010 14:05

                Pour définir la génération dont chacun fait partie, les Chinois se désignent par la décennie à laquelle ils appartiennent, par exemple « après 80, après 90… » (80, 90) pour signifier en fait « né après 1980, après 1990… ». Ces petites explications préliminaires pour aborder le thème qui nous intéresse aujourd’hui : le mariage des jeunes chinois nés après 1980 (ceux qui sont nés en 1980 font également parties de cette décennie !), c'est-à-dire la génération des 20-30 ans aujourd'hui.

                Aujourd’hui on définit même cette génération en chinois « 闪婚后悔马上闪离 » (regrets d’un mariage éclair, on divorce aussitôt en éclair).

                Cette génération de petits empereurs qui reste de plus en plus longtemps chez ses parents, qui ne s’occupe de rien à la maison, ne sachant ni faire la cuisine, ni les travaux ménagers, a tendance à se marier aussi vite qu’elle divorce.

                Quelques exemples illustrent la mentalité de cette nouvelle génération obnubilée par l’argent : « 我们刚到云南,我请他买个礼物送给我,他买了一只2000多块的手镯,却问我要一半费用 » (nous venions d’arriver au Yunnan, je l’ai invité à m’offrir un cadeau, il a acheté un bracelet à 2000 yuan, mais il m’a demandé [de lui rembourser] la moitié de la somme). Après cette expérience surprenante, Xiao Li (la jeune femme de 26 ans qui s’est vue ci-dessus demander d’être remboursée par son mari) a immédiatement évoqué le divorce. Marié depuis seulement 3 mois, ce voyage était le premier qu’ils faisaient ensemble. Durant ce voyage, ils décidèrent de payer chacun de leur côté ce qu’ils dépensaient, partage en 2 des frais d’essence (ils voyagèrent en voiture pour se rendre dans la province du Yunnan), des frais d’autoroute, des restaurants, des hôtels… jusqu’au cadeau du mari à sa femme ! C’est vraiment culotté !

                Un autre exemple est le couple formé par Xiao Jie et Xiao Gang. L’un et l’autre ont toujours grandi dans leur famille respective, en ne faisant strictement rien à la maison. Après leur mariage, ils se sont retrouvés dans un nouvel appartement. Très occupé par leur travail respectif, ne sachant ni faire la cuisine, ni les travaux ménagers, ils ont décidé de rentrer chez leurs parents pour y vivre la semaine, puis retourner dans leur appartement le week-end après avoir fait les courses avec leurs parents !! Seulement 2 jours ensemble par semaine, ils trouvent quand même le moyen de se disputer comme des chiffonniers soit parce que l’un n’a pas eu le courage de laver ses vêtements, soit parce que l’autre refuse de faire le ménage ; les disputes se sont multipliées, et le divorce a déjà été évoqué à de nombreuses reprises. Ils vivent séparés aujourd’hui, jusqu’à ce que le divorce soit prononcé ?

                D’autres exemples pourraient encore illustrer cette impréparation au mariage de nombreux couples chinois.

                D’après les statistiques de la ville de Shanghai, l’année dernière, il y eut en moyenne 102 couples qui divorcèrent par jour, les moins de 30 ans représentaient la grande majorité des couples (en tout, ce sont plus de 5800 couples qui décidèrent de divorcer en 2009 à Shanghai)

                Les statistiques pour la ville de Pékin semblent être un peu plus précises. Près de 25 000 couples ont divorcé, dont pour 20 % d’entre eux la séparation définitive fut décidée moins de 3 ans après le mariage ; 1/3 se sont séparés moins de 5 ans plus tard ; 5 % moins après moins d’un an de mariage ; 52 couples ont décidé de divorcer après moins d’un mois de mariage !! Comme à Shanghai, la génération née dans les années 80 est surreprésentée dans ces statistiques.

 

Source : 搜狐

Wangyoann.

Par wangyoann
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