Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 19:48

Le numéro (15 décembre) de l’hebdomadaire Nanfang zhoumo 南方周末 titrait ainsi sa nouvelle enquête « 活在灰霾下 » (en pinyin : huo zai huimai xia) : vivre sous la brume sèche. Une enquête qui n’est pas pour nous rassurer sur la pollution en Chine. Elle nous fait plutôt froid dans le dos, alors que Pékin n’est pas la région la plus polluée du pays.

Commençons tout d’abord par quelques chiffres donnés par les journalistes (auteurs de l’enquête) : 41 malades atteints de problèmes respiratoires décèderaient chaque jour dans la capitale, et 59 autres atteints de maladies cardiovasculaires perdraient la vie en raison de la mauvaise qualité de l’air. Nous sommes ainsi à une bonne centaine de décès par jour uniquement due à la pollution, ce qui ferait sur une année plus de 35 000 morts, et ce exclusivement à Pékin !! Étant donné que nous avons une compréhension aujourd’hui un peu plus fine des statistiques à la chinoise, le véritable nombre de décès lié directement à la pollution est sans doute bien supérieur à celui-ci fourni par les autorités de la capitale.

 

Particules fines et moins fines :

Depuis quelques années, l’un des maux les plus graves de la capitale est cette brume sèche qui se forme et qui prend des proportions de plus en plus inquiétantes chaque année, en raison de l’augmentation discontinue de divers polluants, et tout particulièrement des particules en suspension : les particules dites PM10 (Particulate matter) qui ont une dimension inférieure à 10 micromètres. Des particules qui auraient tendance, selon les autorités de la ville, à diminuer depuis quelques années. Mais ce sont surtout les particules PM2,5 (particules inférieures à 2,5 micromètres) qui inquiètent les spécialistes, car elles sont particulièrement dangereuses pour la santé du fait de sa pénétration jusque dans les alvéoles pulmonaires ; les émissions de ces particules en revanche augmentent sans cesse ces dernières années.

 pollution-pekin.PNG

Source: 南方周末

Une guerrière féroce :

            En cette mi-décembre 2011, la brume enveloppe toute la capitale, se glissant dans chaque coin de rue, dans chaque véhicule et dans chaque maison. À chacune de ses attaques, de nombreux habitants sont pris par des toussotements, et dans les cas les plus graves, les malades doivent être hospitalisés.

            Depuis plusieurs années, les habitants et les autorités ont été excessivement optimistes envers ce phénomène, et ils ont négligés cet « adversaire » dénommé « brume ou nuage de pollution », un ennemi chargé de particules particulièrement nocives, puisque certaines d’entre elles ne s’arrêtent qu’au niveau du nez, d’autres vers la gorge, et d’autres encore s’immiscent jusque dans les poumons, entraînant chez les malades divers symptômes, et pour les populations les plus fragiles, une aggravation de leur état de santé. Même les professionnels qui étudient ce phénomène ne sont pas protégés, à l’instar du chercheur de l’Université de Pékin (Beida), Guo Song, qui étudie (avec son équipe) depuis 9 ans, dans la capitale chinoise, les particules présentent dans l’air. À chacun de leur déplacement dans les endroits les plus pollués de la capitale, ils ne portent aucun masque de protection.

            À l’opposé, nous avons l’exemple d’un certain Bei Zhicheng qui a pris très tôt conscience de la dangerosité de l’air qu’il respire. Sur un coup de tête, il a décidé d’acheter 7 appareils purificateurs d’air, puis il les a disposés dans son appartement, dans sa voiture et dans son bureau, il a ainsi dépensé plus de 1000 euros pour mieux respirer.

            Un second exemple de personnes qui tentent de se protéger est cette jeune mère de famille qui a un petit garçon d’un an et demi. Chaque matin, elle sort de son appartement pour promener son chien, cette sortie matinale lui sert ainsi à vérifier la qualité de l’air du jour. Après sa promenade, elle va sur des sites internet bien précis tels que celui de Zheng Yuanjie (郑渊洁) ou celui de Pan Shiyi (潘石) afin de recueillir des informations sur la qualité de l’air, puis en fonction des indices sur la qualité de l’air, elle décide de sortir ou non son petit garçon. D’ailleurs, ses amis venant de Shenzhen sont toujours étonnés à leur sortie d’avion, et ils lui demandent souvent : « qu’est-ce qui brûle à Pékin » ?

            Ces Chinois qui scrutent ce type d’information, et ceux qui s’équipent en matériels de purification d’air appartiennent, pour la plupart d’entre eux, aux gens qui ont une formation élevée, et qui ont bien entendu des revenus importants. Encore une discrimination entre ceux qui ont de l’argent, qui peuvent ainsi se protéger, et ceux qui n’en ont pas. Pour les plus pessimistes des chasseurs d’air pur, le choix est des plus radical : soit quitter la capitale, soit quitter le pays. Là encore, ce sont des « solutions » qui demandent de larges moyens financiers.

 

Petite prise de conscience tardive :

            Enfin dernier exemple, c’est celui d’un professeur à l’université de Princeton, Steven Q. Andrews, qui réside régulièrement à Pékin et qui en raison d’une trop forte pollution de la ville est obligée de retourner aux États-Unis se « refaire une santé » après un séjour prolongé dans la capitale chinoise. Un jour, lorsqu’il se trouvait à Los Angeles, l’une des villes des États-Unis où l’air est le plus pollué, ce jour-là justement, il y eut un immense incendie de forêt. Il a relevé l’indice de la qualité de l’air à Los Angeles, ce chiffre correspondait à l’indicateur « bonne qualité » de l’air pour la ville de Pékin !! C’est dire le fossé immense qui existe entre les normes chinoises et les normes étrangères dans l’évaluation de la qualité de l’air.

L’ambassade des États-Unis a installé en 2008 à Pékin un capteur pour mesurer la qualité de l’air. Jusqu’en octobre 2011, les résultats de ces mesures n’étaient divulgués que dans un cercle très restreint ; ce n’est que le 22 octobre 2011, grâce au promoteur immobilier Pan Shiyi, que ce chiffre a été mis à la disposition de tous, sur son blog. Un blog qui a tout de même une certaine influence en Chine, puisqu’il aurait plus de 7 millions de fans ! C’est de là que le public a commencé à s’intéresser aux PM2,5.

 

Des statistiques chinoises toujours biaisées !

           En 2006, le professeur Steven Q. Andrews a mené des recherches sur la pollution de l’air à Pékin. En 2008, il fit une découverte surprenante : les autorités de la ville avaient fermé les deux plus importantes stations de contrôle de la qualité de l’air dans le centre-ville ! À la place, ils ont décidé d’installer de nouvelles stations au-delà de la 6e couronne de la banlieue de la capitale !! Par conséquent, les autorités pouvaient se targuer d’avoir enrayé l’augmentation de la pollution, et en effet les indices de pollution diminuaient et le nombre de jours « bleu » augmentait grâce à ce stupide subterfuge. La manœuvre a été répétée à plusieurs reprises sur d’autres stations installées à l’origine près d’endroits très pollués, de nouvelles stations ont été déplacées en banlieue où l’air est de meilleure qualité.

            Le professeur Steven Q. Andrews a visité plus d’une cinquantaine de pays, il dit qu’il n’y a que l’air de la capitale de l’Éthiopie, Addis-Abeba, qui soit aussi pollué que Pékin.

            Depuis quelques années, certains Chinois ont pris conscience de ces problèmes de santé publique. D’autant que la principale difficulté n’est pas d’ordre scientifique, mais c’est une question fortement liée à la loi et surtout à l’application des règlementations en vigueur. Par conséquent, en Chine, il s’agit avant tout d’une question et d’une volonté politique. Pour le moment, le gouvernement chinois ne fait preuve d’aucune volonté pour lutter efficacement contre ces émanations mortelles, et n’oublions pas, par exemple, que les bouchons dans la capitale font régulièrement la une des journaux chinois, peut-être y aurait-il là moyen de diminuer les émissions de particules ?

 

Source : 南方周末

Wangyoann

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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 19:29

            Le projet a été dévoilé dès 2009, où le ministère du Commerce et la ville de Shanghai ont lancé en commun une étude pour la construction d’un immense complexe d’expositions. Le 9 janvier 2011, les parties prenantes au projet ont signé un accord de coopération pour la construction de ce complexe. Enfin, toutes les autorisations de construction ont été obtenues au début du mois de décembre 2011, et la cérémonie d’ouverture des travaux s’est déroulée le 26 décembre en présence des bigs boss de la ville, le maire de la ville de Shanghai, Han Zheng (韩正) et le secrétaire du parti de la ville, Yu Zhengsheng 俞正声, entre autres.

             La surface intérieure de cet immense bâtiment devrait être de 400 000 mètres carrés, et plus de 100 000 mètres carrés d’exposition en extérieur. Si tout se passe sans encombre, la construction devrait s’achever à la fin de l’année 2014. Un projet démesuré qui aura un coût total, d’après les officiels chinois, entre 15 et 20 milliards de yuan, soit entre 1,8 et 2,4 milliards d’euros ; ceci sans compter les détournements, les pots-de-vin et toutes les joyeusetés de la corruption.

            Le Complexe aura la forme originale de quatre feuilles. Ce qui rendra ce complexe unique se sera sans nul doute ses dimensions qui en feront le complexe le plus grand du monde, il équivaudra à 3 fois la taille du nouveau centre d’exposition international de Shanghai qui s’étend sur 125 000 mètres carrés, un centre inauguré fin 2001. Il occupera la première place au monde, juste devant le complexe d’expositions de Hanovre qui propose jusqu’à 490 000 mètres carrés d’expositions.

            Le président du conseil d’administration de la société (à responsabilité limitée) des expositions de Chine, Wang Zhiping, a indiqué que ce nouveau complexe devrait tirer le PIB de la ville d’environ 33 milliards de yuan, soit près de 4 milliards d’euros. Les travaux et la gestion du site permettront, en outre, de faire travailler des dizaines de milliers de personnes.

            Les activités concrètes prévues dans cette immense structure seraient l’organisation de deux cessions annuelles, en été et en hiver, de deux expositions sur la Chine, et des expositions importantes telles que sur l’automobile, l’électronique ou encore sur l’ameublement. Puis d’attirer, dans un second temps, des expositions en provenance de l’étranger.

            Toutefois, l’une des questions que l’on peut se poser devant un projet de cette envergure est : les expositions qui y seront organisées attireront-elles les visiteurs ? A priori oui, puisque la Chine est sous dotée de tel bâtiment capable de créer des expositions, mais aussi capable d’accueillir des foires internationales.

Shanghai est la ville qui possède le plus de salles d’expositions du pays ; ses sites ont en moyenne un taux de location supérieur à 60 %, bien supérieur aux sites en Chine qui est d’environ 25 %, et également supérieur aux 35 % des complexes d’expositions internationaux.

expo.PNG

Source: 东方早报

 

Sources : 东方早报 (dongfang zaobao) ; 和讯新闻 (Hexun xinwen)

Wangyoann

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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 11:04

Bonjour à toutes et à tous,

 

J'ai été particulièrement occupé ces derniers mois, ce qui m'a obligé, malheureusement, à délaisser mon blog. Mais je reviendrai courant décembre avec des textes tout aussi fort sur cet immense pays que j'aime : la Chine. Mon fil conducteur n'a pas changé d'un pouce (s'il y en a un !), donc si vous souhaitez lire des textes louangeurs sur ces pourris de hauts fonctionnaires chinois, ou si vous escomptez lire des sujets "positifs" envers la Chine tout simplement pour faire plaisir aux "positivistes" béants, autant aller voir ailleurs (de nombreux autres sites vous proposent déjà des dithyrambes endiablés sur le paradis chinois), car vous n'en trouverez aucun sur mon blog.

Je vous dis à bientôt.

 

Wangyoann

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Samedi 2 avril 2011 6 02 /04 /Avr /2011 06:44

Fin de l’aide du Royaume-Uni à la Chine :

            Le Royaume-Uni vient tout juste d’annoncer qu’il arrêtait de verser son aide financière à la Chine. Le dernier plan qui a été mis en place par le gouvernement britannique portait sur les années 2006-2011, arriver à son terme cette année, cette aide financière a tout simplement été supprimée. Le montant total de cette aide au développement durant ces cinq années fut de 105 millions de livres sterling (soit un peu plus de 119 millions d’euros). Depuis les Jeux olympiques de Pékin en 2008, de nombreux pays avaient déjà arrêté, ou diminué leur aide au développement pour la Chine : à l’instar du Japon et de l’Allemagne.

 

Domaine de la construction :

            La Chine est devenue en 2010 le pays qui construit le plus d’habitations ! Le développement fulgurant des constructions et l’envolée du prix de l’immobilier ont permis à la Chine de devenir le premier pays en terme d’investissement dans la construction : des investissements totaux s’élevant à plus de 1000 milliards de dollars (environ 708 milliards d’euros). Les États-Unis sont donc passés à la seconde place avec des investissements de 983 milliards de dollars (environ 695 milliards d’euros). Aujourd’hui, les nouvelles constructions immobilières en Chine représentent 14 % des chantiers mis en route dans le monde. Et ce chiffre devrait atteindre les 20 % à l’horizon 2020. Enfin bon, si la bulle immobilière chinoise actuelle éclate d’ici là, il ne fait aucun doute que le parc immobilier chinois perdra beaucoup de sa valeur, et les chantiers de construction chuteront très fortement.

 

Le nombre de milliardaires chinois en forte hausse !

            Le classement Forbes des plus grandes fortunes de la planète a été publié au début du mois de mars. Une fois encore, le nombre de Chinois milliardaire entrant dans ce classement est en hausse : de 64 en 2010, ils sont 115 en 2011. Le plus fortuné de l’armada chinoise reste de PDG du moteur de recherche chinois Baidu. Les années 2010 et 2011 ont été et seront un bon cru pour les Chinois les plus riches.

 

Source : 凤凰周刊

Wangyoann.

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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 13:55

            Depuis maintenant 9 ans, le site internet de l’amicale des écoles de Chine et le Journal pour la recherche d’emploi du 21e siècle sont associés pour présenter un classement annuel des « meilleures » Universités chinoises.

            La note globale obtenue par chaque université est calculée selon 3 critères : la recherche, la formation et la notoriété de l’Université. Le mélange de ces 3 résultats donne une note globale sur 100.

            Depuis quelques années, le classement est dominé par les Universités pékinoises Beida (diminutif de Beijing Daxue 北京大学, l’Université de Pékin) et Qinghua (清华大学, l’Université de Qinghua), talonnées ensuite par les Universités de Shanghai : Fudan (复旦大学) et Jiaotong (交通大学, l’Université des télécommunications). Qu’en est-il pour ce nouveau cru 2011 ?

            Commençons par la cinquième université du classement : l’Université de Nanjing (南京大学). Peut-être la moins connue des universités citées précédemment, il n’en reste pas moins qu’elle est considérée comme une grande école en Chine continentale, elle s’offre même le luxe de passer juste devant l’Université des Télécommunications, Jiaotong, de Shanghai. L’Université Jiaotong prend ainsi la sixième place. Quelques mots au sujet de l’Université des Télécommunications, puisque c’est cette Université qui présente elle aussi chaque année un classement : le classement des meilleures Universités du monde ! Éclaircissons un point pour ces béotiens qui font de ce classement soit « le classement de Shanghai » soit le classement de « l’Université de Shanghai » ! NON et NON !! Ce serait faire le même rapprochement idiot si par exemple l’Université Dauphine ou HEC réalisaient leur propre classement des meilleures universités, et que par simplification de langage, nous parlions de « classement de Paris » ou du « classement de l’Université de Paris » !! Donc le classement réalisé par l’Université Jiaotong est le classement de l’Université Jiaotong (ou de l’Université des Télécommunications), mais en aucun cas il ne s’agit du « classement de Shanghai » ou du « classement de l’Université de Shanghai ».

            La quatrième université de Chine en 2011 serait l’Université Fudan (复旦大学) à Shanghai. Fudan est sans aucun doute la plus célèbre et la plus prestigieuse université de la ville, car l’histoire de l’université coïncide étroitement avec l’histoire de la ville. C’est également une des plus anciennes Universités de Chine puisqu’elle a été créée en 1905.

            La troisième université du classement est une grande surprise : l’Université du Zhejiang (浙江大学). Nous devons bien avouer que nous n’avions jamais entendu parler de cette université auparavant ; d’un autre côté, nous nous rassurons avec les réponses de nos amis chinois qui pour beaucoup d’entre eux ignoraient l’existence de cette Université, et qui ignoraient donc sa place si élevée dans le classement des « meilleures » Universités de Chine !

            Enfin, les deux premières places du classement sont occupées par les Universités Qinghua et Beida. Cette année encore, les 2 Universités pékinoises se placent en tête du classement des meilleures universités chinoises, avec dans l’ordre Qinghua : seconde université du classement. Par conséquent c’est l’Université Beida qui serait la « meilleure » Université de Chine !

            Pour tempérer quelque peu l’importance de ce classement, il suffit de relire les 3 critères de notation : la recherche, la formation et la notoriété de l’Université. Si nous ne prenons que ce dernier critère : notoriété de l’Université, nous constatons que l’Université du Zhejiang serait plus connue, plus renommée que l’Université Fudan !! Ce qui est tout simplement une aberration pour les gens qui connaissent un peu le monde de l’Université en Chine. Alors que vaut en réalité ce classement : sûrement pas grand-chose, mais elle renforce année après année la « célébrité » des Universités pékinoises et Shanghaiennes.

 Capturer-copie-1.JPG

Classement des "meilleures" Universités de Chine (Source 搜狐)


Sources : Sohu (搜狐) et 红网教育

Wangyoann.

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