Et on nous dit qu’il n’y a pas de bulle immobilière en Chine !!!

Publié le par wangyoann

Bulle ou pas bulle ?      

Y a-t-il ou non une bulle immobilière en Chine ? La réponse des spécialistes, c'est-à-dire des économistes, est des plus intéressantes ! Pour certains, il ne fait aucun doute qu’il n’y a pas de bulle, pour d’autres c’est l’exact opposé, puisqu’ils affirment que la Chine est déjà dans une bulle immobilière ! Que pensée de ces déclarations ? Pas grand-chose pour notre part, puisque nous essayons de lire les chiffres publiés, et nous essayons de faire quelques comparaisons pour tenter de mettre en perspectives ces chiffres avec les prix de l’immobilier en Chine et à l’étranger, tout en les comparant avec le pouvoir d’achat de chacun de ces pays.

 

Que disent les chiffres de l’immobilier à Pékin ?

                Au premier janvier de cette année, des appartements en vente dans la cinquième couronne de Pékin (1), donc dans la lointaine banlieue de Pékin, ont été vendus en moyenne de 17000  à 19000 yuan (environ 1700-1900 euros) le mètre carré ! Des appartements de la quatrième couronne ont, quant à eux, été vendus près de 45000 yuan (4500 euros) le mètre carré ! Les appartements sont tout bonnement devenus plus chers qu’aux États-Unis ! Pourtant, il existe une différence majeure entre les deux pays : le salaire moyen de la population.

 

Facteurs contribuant à l’augmentation des prix de l’immobilier !

                Il existe trois raisons qui font augmenter sans cesse les prix de l’immobilier chinois :

a) Les Chinois eux-mêmes, car dans la tradition chinoise, il suffit de gagner un peu d’argent pour « devoir » acheter un bien immobilier. Donc, en Chine, qu’importe que la personne soit mineur, trader ou marchand, après avoir gagné un peu d’argent, la première chose qui vient à leur esprit est « acheter un appartement ». De nombreuses personnes non seulement achètent un bien pour eux, mais en plus elles en achètent plusieurs autres, car ce secteur est considéré comme étant un secteur rentable pour un investissement. Récemment, les médias chinois ont rapporté les informations des plus intéressantes illustrant parfaitement la frénésie de certains pour l’achat de biens immobiliers. Premièrement, plusieurs investisseurs avaient rempli plusieurs valises en petites coupures pour aller acheter des appartements, ils ont été toutefois arrêtés par la police, où ils ont dû expliquer l’origine de l’argent saisi. Deuxièmement, un marchand de la province du Zhejiang a, à lui tout seul, acheté plus de 50 appartements d’un seul coup (on se demande la aussi d’où peut bien provenir autant d’argent) !!

b) Le gouvernement est le second acteur important dans la détermination des prix de l’immobilier. En effet, les ressources des autorités locales dépendent, en grande partie, des prix qu’ils retireront de la vente de terrains. On comprend donc facilement pourquoi, les autorités souhaitent, elles, que les prix continuent sans cesse à augmenter ! Étant donné que  les cessions, les autorisations de vente et de location de terrain sont des plus obscures, la corruption à gangrener presque entièrement ce secteur !

c) Le troisième et dernier acteur majeur influençant le marché immobilier en Chine est le secteur bancaire. Dans le monde de la banque, le crédit immobilier en Chine est souvent considéré comme « peu risqué, mais au rendement plutôt élevé ». D’après les statistiques du gouvernement chinois, en 2009, les nouveaux prêts accordés par les banques en Chine ont augmenté de 200 milliards d’euros environ par rapport à l’année précédente (2008) ! La part de l’endettement des ménages atteignant près de 70 % de ces prêts !! Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la Chine est un pays criblé de dettes !

 

Conclusion :     

Mais dans tout marché frénétique, il y a obligatoirement un jour où les marchés se retournent, afin de les épurer. Aujourd’hui, dans certaines régions, les prix de l’immobilier dépassent ceux des États-Unis, alors que le revenu moyen par habitant est de 45 000 dollars américains pour les États-Unis, mais de seulement 3500 dollars (2) pour la Chine !! Soit un rapport de 1 à 12,8 du rapport PIB/habitant des deux pays !! Nous ne vous parlons même pas de la ville de Sanya, sur l’île de Hainan (dans le sud de la Chine), où les autorités locales espèrent que le prix de l’immobilier local atteindra le prix de 27000 euros le mètre carré !!

             Donc, pourrait-on s’interroger : où est le schmilblick !!! N’y a-t-il pas, ici en Chine, le ferment d’une crise très grave ? Et en cas d’explosion de la bulle immobilière, quels seront ceux qui en pâtiront le plus ? La réponse est simple : ceux qui auront consacré toute leur vie à l’accumulation d’un maigre patrimoine, et qui verront le fruit de tous leurs efforts réduits à néant. Les ravages qu’engendrera cette crise seront dans des proportions nettement plus violentes que la bulle immobilière américaine a provoquées aux États-Unis et dans le reste du monde, et dont nous avons tant de mal à voir le bout. Car, les ressources du gouvernement chinois sont beaucoup faibles que les pays ayant « des coussins d’amortisseur de crise » ! En définitive, les points faibles de la Chine restent malgré tout le poids de sa population, les dettes contractées par les autorités locales (qui se sont souvent lancées dans des chantiers titanesques et très onéreux, mais dont les financements sont très opaques) et la fragilité de son modèle économique et social !

 

(1) Pékin est une ville immense, plus de 16 000 km² (soit 160 fois la surface de Paris intra-muros !!), et constitué de 6 couronnes (jusqu’à présent), la première couronne étant le centre-ville.

(2) Statistiques provenant des sites :

http://www.populationdata.net/index2.php?option=pays&pid=43

http://www.populationdata.net/index2.php?option=pays&pid=64&nom=etats_unis

 

Wangyoann.

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