L’assurance sociale en Chine continentale et à Taiwan.(1/3)

Publié le par wangyoann

                Le système d’assurance sociale à Taiwan est considéré comme un bon système à travers le monde. Toutefois, ce « bon » système a un coût très élevé pour la société taiwanaise, puisqu’en 2009, les dépenses de santé ont atteint plus de 400 milliards de New Taiwan Dollars [ci-après NTD] - environ 9,5 milliards d’euros, pour une île, rappelons-le, peuplée de 23 millions d’habitants environ. Les difficultés financières sont si lourdes que le ministre de la Santé taiwanais, Yang Zhiliang, a remis sa démission à ses supérieurs ! D’un autre côté nous avons le système chinois, qui lui n’est étranglé par les dépenses, bien entendu la redistribution sous forme d’assurance sociale de l’État chinois est à des années-lumière de satisfaire sa population.

 

 

Quelques repères historiques :


                Le système de santé fonctionnant actuellement à Taiwan a été mis en place en 1994-1995. Ce nouveau programme de réformes fut impulsé par le Guomindang (encore aux manettes de l’île à cette période [1]) et les autres partis politiques en concurrence, à cette date charnière dans l’histoire de Taiwan, pour la première élection au suffrage universel direct du président de l’île. C’est donc dans cette ambiance de surenchère électorale que le Guomindang (avide de conserver le pouvoir) proposa une réforme du système de soin.

 

                À la fin des années 1980, Taiwan amorce un virage décisif pour les habitants de l’île, puisque le régime politique dictatorial du Guomindang se transforme progressivement en un régime démocratique. Le développement économique dans les années 1970-80 se poursuit sur un rythme relativement élevé dans les années 1980.  La confluence d’un développement rapide de l’économie, d’un allongement de la vie des habitants de l’île ainsi qu’un vieillissement de la population, rendirent inévitables l’émergence du thème de l’assurance sociale, ce sujet s’est donc invité au fur et à mesure dans le débat politique préélectoral, un sondage dévoila même très clairement que ce sujet était considéré comme un des thèmes les plus importants pour les électeurs taïwanais (plus de 80 % des personnes interrogées avant le scrutin) !

 

 

Pourquoi un système déficitaire à ce point ?


                Les modalités d’application de cette réforme de santé sont le résultat d’un certain consensus entre les formations politiques en course pour la bataille présidentielle de 1996. C’est donc la pression de l’opinion publique et de la compétition électorale qui obligèrent les dirigeants du Guomindang a présenté un plan de réforme. Finalement, c’est en février 1995 que le plan est adopté avec la répartition suivante des charges que chaque acteur de la vie économique allait se répartir pour soutenir le nouveau système d’assurance : 2 : 7 : 1 (cette répartition des charges ne porte que sur les 4,5 % du « système global de santé » que chaque travailleur se voit prélevé chaque mois sur son salaire, et qui a été modifié depuis en 3 : 6 : 1 ; les 95,5 % restants sont à la charge de l’État !). Ce sont donc ces cotisations prélevées chaque mois sur le salaire des travailleurs taïwanais qui constitue le cœur de ce système déséquilibré ; le montant des cotisations par personne étant faible, alors que les frais augmentent sans cesse pour l’État, ce déséquilibre trop important ne pouvait qu’amener un déficit toujours plus important chaque année, et la conséquence inévitable : des réformes radicales !

 

 

Wangyoann
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