L’assurance sociale en Chine continentale et à Taiwan.(2/3)

Publié le par wangyoann

                Illustrons ces chiffres abstraits par un exemple qui lui est bien concret. Une jeune journaliste de 32 ans avec un salaire mensuel de 54 000 NTD (environ 1290 euros) se trouve dans la situation suivante : 54 000 NTD de salaire mensuel, ce qui est prélevé chaque mois sur son salaire (4,5 %) est calculé de la manière suivante : 4,5 % de 54 000 NTD est égal à 2430 NTD, c’est sur cette partie « globale » que la répartition se calcule en divisant cette part en 3 parties distinctes : 30 % à titre personnel (soit 730 NTD), 60 % par l’employeur (soit 1450 NTD) et enfin 250 NTD par l’État. Les cotisations qu’elles payent sont très faibles par rapport aux services rendus par les hôpitaux. Dans son cas personnel, elle s’est rendue 12 fois dans l’année chez le médecin et à l’hôpital, pour y recevoir des soins dentaires, des soins de médecine générale, de médecine chinoise, etc. À chaque consultation, elle dut payer de sa poche entre 100 et 200 NTD (4,2 euros et 8,4 euros, non remboursés), ensuite les soins dans les hôpitaux sont « gratuits ». Même dans les meilleurs hôpitaux de l’île, les soins ne sont pas très élevés, par exemple pour un examen général, il suffit de s’acquitter de 20 % des frais de l’hôpital, dans la limite maximale de 300 NTW, et le reste des frais est pris en charge par l’État. C’est ce qui explique que le système de santé taïwanais est dans le rouge depuis sa mise en place il y a 15 ans. D’un autre côté, tous les Taiwanais peuvent profiter d’un système de soin performant sans se ruiner.

 

 

Mise en place initiale qui comportait en son sein les raisons d’un déficit :


                En effet, dès les réflexions menées en amont sur la mise en place d’un nouveau système d’assurance sociale à Taiwan, les ingrédients étaient parfaitement bien réunis pour former un déficit budgétaire inévitable, et qui se creusera inexorablement au fur et à mesure que le temps passera. Mais tout ceci n’inquiéta aucun politique de l’île, puisque l’objectif principal à ce moment était de remporter les élections.

 

                Les pourparlers en 1994, entre les diverses formations politiques, auront pour résultat de diminuer la part des assurés et des entreprises en baissant leur pourcentage de contribution, il passa ainsi de 4,5 à 4,25 % (l’État se devant donc de combler la différence), créant un coût supplémentaire par rapport au projet initial de 32 milliards de NTD (environ 765 millions d’euros). Puis dans la seconde partie de l’année 1995, cette contribution est passée de 4,25 à 3,75 %, reforme qui engendra un coût supplémentaire direct pour l’État de 62,2 milliards de NTD (environ 1,5 milliard d’euros) ; des handicaps insurmontables pour les premiers pas d’un nouveau régime de sécurité sociale !

 

                À diminuer sans cesse la part qui incombe aux particuliers, l’État s’est mis lui-même dans une situation des plus délicate, dont l’une des conséquences les plus visibles est la lettre de démission du ministère de la Santé, puisque selon lui le régime d’assurance « va droit dans le mur » !

 

 

Wangyoann

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