Le vieillissement de la population menace les finances chinoises ! (2/2)

Publié le par wangyoann

Les réformes seront vitales pour le régime communiste, et pour cela rappelons quelques chiffres tirés du livre de Jean-Luc Domenach La Chine m’inquiète : « depuis l’effondrement des unités de travail, la réduction du secteur d’État et la généralisation des contrats de travail précaires, la population urbaine est en majorité – 57 %  dépourvue de toute protection ». Puis un peu plus loin : « Au total, 30 % de la population chinoise de plus de 60 ans bénéficierait d’une forme ou d’une autre de retraite [qui est dans la majorité des cas faible, voire très faible], mais 10 % seulement d’une assurance maladie » (1). 

 

Des solutions à trouver rapidement :

            Le gouvernement chinois est pris dans des étaux qui se referment de plus en plus chaque jour. Le premier étau concerne la dette de l’État chinois, et surtout la dette des collectivités locales (comme nous l’avons déjà indiqué dans un de nos textes précédents) ; le second étau porte sur la répartition des richesses « 80 % des ressources de la protection sociale sont concentrées dans les villes » (2) ; le troisième concerne la protection sociale elle-même, car quelles sont les solutions qui s’offrent au gouvernement chinois : élargir l’assiette pour faire profiter un plus grand nombre de personnes d’une assurance sociale, ou conserver le système actuel, mais en revalorisant les différentes aides que touchent déjà certains bénéficiaires chinois ; dans tous les cas, les coûts pour le gouvernement central et les collectivités locales seront de plus en plus importants. Les décisions concrètes se font attendre (nous ne parlons même pas de leur application !), les effets de la crise économique mondiale se font sentir en Chine (même encore aujourd’hui), de nombreuses entreprises chinoises ont déjà licencié à tour de bras, des usines chinoises ont déjà délocalisé une partie de leur chaîne de production dans des pays périphériques où la main d’œuvre est moins chère qu’en Chine, car le développement économique effréné de ces dernières années a favorisé une augmentation importante des salaires, il pousse donc des entreprises chinoises à s'installer dans des pays plus attractifs : Vietnam, Cambodge…, des chômeurs qui ont rejoint la longue liste de ceux qui ne trouvent pas de travail en Chine ! Car contrairement à une idée reçue, le chômage en Chine est relativement élevé, les chiffres du gouvernement sont une pure « mascarade » puisqu’ils n’ont pas bougé depuis des années !

            Qu’il faille du temps pour mener une réflexion approfondie sur la mise en œuvre d’une réforme qui concernera des dizaines de millions de personnes, voire des centaines de millions, nul ne doute que cette tâche est complexe et les mesures qui seront adoptées (espérons un jour) ne pourront pas résoudre tous les problèmes en même temps. Il faut pourtant un point de départ dans la mise en place de réformes; or, on n'aperçoit même pas pointé le bout du nez d'une moindre « réformette », alors, de là à voir une réforme se mettre en place !   

 

(1) Jean-Luc Domenach, La Chine m’inquiète, Perrin « collection tempus », 2009, p. 90.

(2) Ibidem.

 

Source : 凤凰周刊

Wangyoann

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