Les dizaines de milliards des moines chinois, simplement écœurant(4/4)

Publié le par wangyoann

Les sources de revenus des temples :

            Nous avons déjà évoqué ci-dessus différents types de revenus des temples. Nous les rappelons brièvement. Leurs sources sont de 5 ordres. Nous l’avons déjà vu, la première d’entre elles est constituée par les billets d’entrée. La seconde source est celle des diverses cérémonies religieuses facturées à des prix hallucinants. Une troisième voie pour attirer encore plus d’argent dans leurs caisses est l’organisation de nouveaux services (comme quoi la recherche de l’argent leur donne des ailes !) en surfant sur des traditions locales organisées dans leur temple. Le soir où est organisée une cérémonie « spéciale », le billet d’entrée du temple Guanghua passe de 30 à 600 yuan dans la limite des 5000 billets disponibles, la soirée est « bénéficiaire » pour ces mécréants à hauteur de 3 000 000 de yuan (soit 330 140 euros) !!! Waha ! D’autres temples proposent de bénir votre voiture, les prix sont là aussi parfaitement limpides : 3888 yuan (environ 428 euros) pour une voiture dont le prix d’achat est inférieur à 300 000 yuan (33 000 euros environ), de 6888 yuan (758 euros) pour une voiture dont la valeur est comprise entre 300 000 et 600 000 yuan, et enfin de 9888 yuan (1088 euros) pour un véhicule de 600 000 à 2 000 000 de yuan. Il y a d’autres temples qui proposent des chambres, à la manière d’un hôtel (les putes sont-elles comprises dans le prix, aucune indication ne permet de tirer une quelconque conclusion !), d’autres encore créent des organismes de recherches, d’autres mettent sur pied des revues…

            La quatrième voix de revenus est celle des dons réalisés à l’intérieur des temples. Là encore, les quelques statistiques disponibles dévoilent des chiffres faramineux. Dans un petit temple de la province du Jiangxi, un petit temple a reçu en l’espace de 4 mois plus de 250 000 yuan (soit 27 500 euros) de dons. Que penser alors des dons accorder par les très très nombreux croyants chinois dans les temples plus importants ?

            Enfin, la dernière voix de revenus des temples chinois correspond aux dons matériels : matériels vidéo (télévision…), téléphones portables dernier cri, voitures (voir ci-dessus le beau cadeau au big boss du temple de Shaolin)…, et bien entendu ne sont pas comptabilisés les « facilités », les dons en argent « personnel » et en biens matériels des fonctionnaires chinois, car ne l’oublions pas, les Chinois sont très croyants, beaucoup d’entre eux n’hésitent pas à verser de grosses sommes d’argent à des moines peu scrupuleux soit pour des questions de santé, soit pour des questions d’argent…

           

Des secrets jalousement conservés, des questions taboues ? 

            En théorie, les recettes et les paiements au sein d’un temple, et ce quelle que soit sa taille, doivent être consignés par écrit sur des carnets, de même, doivent être conservés les reçus des dépenses engagées par les moines, et surtout par les responsables des temples. Selon les temples, les dépenses relativement importantes doivent au préalable recevoir l’assentiment du responsable du temple pour que cette dépense soit autorisée. Les sommes en surplus doivent être déposées en banque. Le processus normal devrait être celui indiqué ci-dessus, le tout, bien évidemment devant être certifié par un comptable (hum, hum). Que la théorie est belle !

            Après la théorie, la pratique. Dans la plupart des temples, petits et moyens, aucune comptabilité n’est tenue, l’argent est dépensé selon le bon vouloir du maître du temple : « 钱都是从他一个口袋进,然后一个口袋出 » (l’argent tombe dans sa poche, et il ressort de celle-ci).

            Le responsable du département de sociologie de l’Université des finances du gouvernement central, Bao Shengyong, ajoute que le gouvernement « ne contrôle pas les finances des temples », alors les responsables de certains temples engagent des dépenses irréfléchies (pour ne pas dire illégales). Par exemple, un responsable d’un temple a investi plus de 400 000 yuan dans un projet n’ayant aucun rapport avec le temple, même après que l’affaire fut ébruitée, le responsable en question n’a pas eu à rembourser cette somme, il n’a même pas subi la moindre sanction !! Le message est clair : faites ce que voulez de votre pognon, et de toutes les dérives qui s’ensuivront, vous ne serez pas responsable « mon fils » ! Amen.

 

Aucun ministère « compétent » pour contrôler les finances des temples en Chine ?

            C’est cette constatation incroyable qui semble expliquée qu’aucune enquête n’a jamais été menée sur les finances des temples chinois. En effet, les temples ne peuvent pas dépendre du ministère de l’Économie, ils ne paient pas d’impôts, ils ne peuvent donc pas dépendre de ce ministère. En fin de compte, aucun ministère ne semblerait compétent pour tenter de comprendre ce qui peut bien se passer dans les finances des temples chinois. De cette manière, les moines peuvent continuer à vaquer à leurs nouvelles occupations : comment se faire un maximum de fric ?

            Nous ne vous parlons pas des scandaleux revenus des moines de l’île de Putuo shan (普陀山) située dans le district de Cixi, à 2 heures en bus de Shanghai. Pour se rendre sur cette île, il faut tout d’abord aller jusqu’à Zhoushan, d’où il faut prendre une navette fluviale pour mettre le pied sur la célèbre île de Putuo shan. Pourquoi évoquons-nous cette île ? Premièrement, parce qu’une fois débarquée de la navette, il faut sortir du petit port de l’île, et voilà où se trouve le scandale, car pour quitter l’embarcadère, il faut se délester de la somme de 160 yuan par personne avant de visiter l’île. Vous ajoutez 20 à 30 yuan par personne pour le bateau. Inutile de vous dire que rien ne prévient le voyageur de ces pratiques scandaleuses avant de s’aventurer sur cette île, sinon bien des voyageurs renonceraient à cette expédition. Ils sont malins ces voleurs de moines, car ces dizaines, voire ces centaines de milliers de personnes qui fréquentent l’île chaque année favorisent l’engraissement de cette racaille du nouveau millénaire !!! Certains de ces voleurs de moines ont une bedaine si grosse qu’ils éprouvent des difficultés à se déplacer, ils semblent être montés sur des échasses, ils doivent balancer leur corps de droite à gauche puis de gauche à droite, pour pouvoir progresser dans leur marche ! Écœurant.

 

            Reste-t-il dans cette société chinoise, complètement détraquée par ce démon appelé pognon, des gens honnêtes ?

            On se dit que les Chinois savent gagner de l’argent ! Et les moines ne sont pas les derniers larrons en foire ! Si vous voulez gagner beaucoup d’argent en Chine, vous savez ce qu’il vous reste à faire : vous faire embaucher comme moine occidental, ou ouvrir un monastère alliant style chinois et style « étranger », vous feriez à coup sûr un véritable tabac en Chine, le tout en nouant des relations avec les racailles du coin, vous voilà fin prêt pour le jackpot !

 

Source : 凤凰周刊 (excellent dossier présenté par le magazine)

Wangyoann

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