Les entrepreneurs chinois fuient eux aussi leur pays !! (2/2)

Publié le par wangyoann

Seconde raison : « sentiment de sécurité » :


              Curieuse raison pourrait-on dire, puisqu’il semblerait qu’avec de l’argent on puisse tout faire (ou presque) en Chine. Mais voilà, les patrons d’entreprise privée eux ne sont pas si confiants que cela dans leur avenir, car le second argument majeur qui les incite à quitter la Chine porte sur leur « absence de sérénité [dans le système chinois] » ! Pour certains entrepreneurs, « ces transformations du climat [social et politique] et des politiques menées contre les investisseurs les inquiètent grandement ». Tout entrepreneur en Chine qui réussit a obligatoirement trempé dans la corruption. Car toute entreprise moyenne et grande doit avoir en son sein un représentant du parti communiste ; ainsi, les entrepreneurs qui réussissent en Chine sont ceux qui ont tissé un large réseau (autres entrepreneurs, mais surtout un réseau de fonctionnaires corrompus), qu’ils peuvent soudoyer en cas de pépins !

 

                Dans un système où tout ce qui a été bâti par des individus peut s’écrouler du jour au lendemain sans raison véritable, sans pouvoir évidemment se défendre correctement, on peut comprendre la peur de ces investisseurs ainsi que leur désir de mettre en sûreté leurs avoirs (des avoirs souvent acquis illégalement, donc s’ils se font pincer, nous ne versons pas et ne verserons pas de larmes sur leur sort !) ?

 

 

Troisième argument : nouveau mode de vie :


                La recherche d’un nouveau mode de vie. Comme pour l’entrepreneur Liu Qingshan, qui habite dans la ville de Shanghai, ville qu’il décrit simplement : « ville au ciel grisâtre, et aux pollutions sonores incessantes ». C’est vrai que la ville de Shanghai n’est pas l’archétype d’une ville tranquille ou d’une ville morte ! Il ajoute : « notre génération a vécu une jeunesse très pauvre où nous croulions sous le poids de nos cartables et des devoirs à la maison ; ensuite ce fut le travail, après notre travail de la journée il fallait observer la mine des dirigeants [pour savoir si leur travail effectué dans la journée leur avait donné satisfaction ; n’oublions pas que des représentants du parti communiste sont présents dans les entreprises privées, comme dans les écoles d’ailleurs ; et ce sont souvent eux qui ont le plus de pouvoir dans ces diverses structures ; donc la bonne humeur des « rouges » est primordiale pour celui ou celle qui souhaite s’élever dans la hiérarchie !] ; lorsqu’on possède une entreprise, la situation économique de celle-ci est toujours très tendue, il faut à droite payer divers frais [nous ne faisons pas la liste : entre les impôts et les pots-de-vin], et ceux qu’il  faut payer à gauche, notamment pour “ les relations clientèles ” [entre festin et gueuleton dans les meilleurs restaurants, on comprend que l’addition doit être salée]. Nous gagnons de l’argent, mais c’est au détriment de notre santé ».

 

                Un des plus riches entrepreneurs de Chine, Hu Run, côtoie de nombreux autres entrepreneurs et investisseurs, il a « avoué il y a quelque temps déjà que de nombreux entrepreneurs chinois avaient déjà émigré », en expliquant que la nouvelle génération, notamment ceux qui héritent ou qui vont bientôt hériter de la société familiale : « recherchent un mode de vie de meilleure qualité, et pour cela ils vont s’installer à l’étranger ».

 

 

Lieux de migrations :


                Les deux pays où les riches chinois émigrent le plus sont le Canada et l’Australie. Deux raisons à cela : des formalités non contraignantes et une population chinoise déjà fort nombreuse dans ces pays. Vient ensuite Singapour, qui, grâce à la suppression de l’impôt sur la succession en 2008, et surtout à la non limitation dans le temps du visa des entrepreneurs chinois habitant à la fois en Chine et à Singapour, ces nouvelles politiques attirent de plus en plus ces fortunés !  Viennent ensuite les États-Unis qui comptent déjà une immigration importante.

 

                Les agences intermédiaires ne conseillent pas aux fortunés Chinois d’émigrer en Europe, car les « formalités sont longues et complexes », de plus l’immigration dite « d’affaires » est « strictement encadrée, les sommes qui doivent être investies sont très élevées, et les chances de réussites sont très basses ».

 

                Ce phénomène d’émigration n’est pas vraiment nouveau, par exemple en 2003, une vague d’arrestation d’entrepreneurs chinois avait été lancée par le gouvernement, ce qui provoqua de nombreux départs d’entrepreneurs chinois. Il est fort probable que ce mouvement va se poursuivre dans les prochains mois, puisque nous sommes toujours dans une période de mise au pas des entrepreneurs, dont le dernier en date fut le très médiatique patron de Guomei, Huang Guangyu !

 

 

Source : sohu 搜狐

 

Wangyoann

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