Les monopoles d’État chinois de plus en plus – trop – gros !?

Publié le par wangyoann

Des cadres qui haussent le ton !


                Depuis quelques semaines, plusieurs hauts dirigeants chinois s’interrogent à voix haute sur le pouvoir (occulte ?) qui entoure les monopoles d’État chinois. Pouvoir en particulier des dirigeants de ces entreprises ; en effet, ceux-ci ont entre leurs mains un pouvoir économique fort (pour certains même aveuglant ; certains monopoles d’État pèsent plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliards de dollars américains !), et dans le même temps, ils acquièrent un pouvoir politique non moins puissant grâce aux amis et aux contacts qu’ils nouent le long de leur carrière économique et politique ! Nous vous laissons imaginer les accointances qui se créent entre tous ces hommes politiques soucieux de l’intérêt public (hum) !

 

                Pourquoi tout à coup des propos de ce genre de la part de hauts fonctionnaires chinois, propos qui tranchent si l’on peut dire, avec le discours feutré (et faux-cul, n’ayant pas peur des mots) de toute cette clique du parti communiste chinois plus habituée à lécher des pompes qu’à critiquer des habitudes et des attitudes scandaleuses ? Est-ce le prélude, le début de coups de semonce avant une prochaine campagne de « nettoyage », de « coupage de têtes » ?

 

 

Des pouvoirs gigantesques !


                Le vice-président de la Conférence consultative politique du peuple chinois, Li Jinhua, critique ainsi ces grands patrons : « le pouvoir de certains monopoles d’État est trop important, dans certaines de ces entreprises, un mot du dirigeant suffit à débloqué des fonds pour des investissements portant sur plusieurs centaines voire plusieurs milliards de yuan [soit de 10 à 100 millions d’euros] » ; sous-entendu que les décisions prises par ces dirigeants sont en quelque sorte incontrôlées, d’où les dérives quasi générales qui prennent la forme de pots-de-vin, trafic d’influence… Ces vauriens sont d’autant plus tranquilles qu’ils assument (pour la plupart), dans le même temps, de hautes fonctions politiques (hum, hum) !

 

                Les monopoles d’État sont des entreprises particulières, les 3 principales particularités sont les suivantes : système de bonifications, pouvoir monopolistique sur les importations, et enfin, si l'un des monopoles rencontre des difficultés financières, l’État est là pour le soutenir en dernier recours ! Dans ce cadre si confortable, il n’est donc pas étonnant que les dirigeants politiques et économiques de ces entreprises gaspillent à qui mieux mieux, et lorsque des difficultés surgissent ils se défilent comme des lapins !

 

                Nous pouvons donc nous interroger sur ce discours de ces quelques hauts fonctionnaires chinois, est-ce une mise en garde contre les pratiques douteuses de ces mastodontes qui en cas de défaillances risqueraient de secouer fortement l’état chinois ?

 

 

Des entreprises surpuissantes ?


                En 2009, les monopoles d’État ont contribué à hauteur de 30 % dans les recettes (930 milliards de yuan, environ 103 milliards d’euros) du pays. Un exemple illustre très bien les difficultés futures auxquelles les dirigeants chinois devront apporter des réponses : les sources de recettes de l'État. En effet, les recettes principales du pays proviennent des ventes de terrain, ces recettes se sont élevées à plus de 1400 milliards de yuan (environ 154 milliards d’euros), soit près de 45 % des recettes totales de l’État (en 2009) !! Par conséquent, lorsque les prix de l’immobilier dégringoleront, et lorsque les dettes de l’État et des collectivités locales seront enfin clairement dévoilées, les secousses risquent d’être très puissantes en Chine !!

 

                Cette très forte dépendance des recettes de l’État chinois des ventes de terrain est due à la très faible rentabilité des entreprises d’État. D’après certains économistes, plus de 50 % de ces entreprises d’État ne généreraient pas de valeur ajoutée. De plus, elles demandent des capitaux très importants, avec des résultats qui sont la plupart du temps anémiques ! La grande majorité d’entre elles ne passeraient pas le test EVA (Economic Value Added).

 

                Une autre interrogation peut-être formulée ainsi : quels sont les bénéficiaires des profits (quand il y en a) de ces entreprises d’État ? Qui décide des attributions de primes, bonus… - c’est vrai qu’avec les hongbao, il n’est pas aussi intéressant de toucher des primes; eh oui, car les papiers ou les transcriptions informatiques laissent des traces !!

 

 

 

Source : 凤凰周刊

 

Wangyoann

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