Les richesses du Xinjiang !

Publié le par wangyoann

                La province du Xinjiang (新疆) est une immense province chinoise de plus de 1,6 million de km², soit une surface équivalente à celle de 3 fois la France, mais peuplée de seulement 21 millions de personnes. C’est une province autonome dont les conditions de vie sont parmi les plus dures de Chine : déserts, hautes montagnes. Mais ce relief accidenté fait également de cette région une des provinces les plus riches du pays, tout du moins, ses entrailles recèlent d’innombrables richesses que les compagnies chinoises ne s’empressent pas encore à l'exploiter. Cette région pourrait devenir le nouvel eldorado, un peu à l'instar de la ruée vers l’or du milieu du XIXe siècle aux États-Unis, mais en ce début du XXIe siècle, c’est en Chine que cela se passe, et plus précisément dans l’Ouest chinois, au Xinjiang !


 

Sous-sols du Xinjiang :


                Les sous-sols du Xinjiang renfermeraient plus de 2200 milliards de tonnes de charbon, de quoi alimenter pendant de nombreuses décennies encore les centrales au charbon extrêmement polluantes, comme celles fonctionnant dans la province du Shanxi ! Des revenus espérés pour cette seule ressource naturelle sont évalués à des milliards d’euros. Entre 2000 et 2007, la production de charbon est passée de 27 millions de tonnes à 199 millions (chiffres officiels, les chiffres officieux n’ont pas encore été dévoilés !). Le PIB de la province a ainsi bondi, pendant cette période, de 15 milliards de yuan (environ 1,65 milliard d’euros) à 115 milliards de yuan (environ 12,6 milliards d’euros) en 2007 ; de quoi aiguiser l’appétit de ces fonctionnaires-ploutocrates chinois ; ne nous inquiétons pas, ils y ont très certainement déjà fourré la main, la tête et pour certains le corps entier dans toutes les magouilles locales pour ramasser un maximum d’argent. Les extrapolations calculées en fonction du prix du charbon font espérer des revenus (de cette seule ressource ) à plus de 2700 fois le PIB annuel 2009 (environ 46 milliards d’euros) de la province, c'est-à-dire : 2700 multipliés par 46 milliards d'euros, égal un chiffre assourdissant : plus de 124 000 milliards d’euros (ne sont bien évidemment pas comptabilisé les coûts importants d'extraction, de son transport...) !!!


 

De l’argent à profusion :


                En l’espace de 20 ans, le charbon a permis le décollage de nombreuses régions, à l’instar de la Mongolie intérieure où une ville-préfecture comme Ordos (87 000 km² pour 1,3 million d’habitants) s’est développé très rapidement, surtout ces dernières années, pour compter actuellement plus de 2000 millionnaires et surtout un revenu moyen dans la région (chiffres de 2008) de près de 14 000 dollars américains par personne !


                D’autres ressources naturelles sont aussi très abondantes dans la région : pétrole, gaz ; ainsi que de nombreux minerais. Toutefois, le Xinjiang est d’un accès difficile, les coûts de production sont relativement élevés, ce qui pour le moment décourage plus que motive les investisseurs potentiels, qui eux investissent en masse dans les régions telles que la Mongolie intérieure, le Shanxi… Un dernier élément fait obstacle au développement des outils productifs de la région : la très faible rentabilité des entreprises d’État, qui sont presque les seules entreprises autorisées à exploiter les ressources de ces régions (bien entendu, les mines sauvages, les extractions illégales sont extrêmement nombreuses en Chine et génèrent des revenus faramineux pour tous les pourris qui y mettent leur nez); eh oui, l’un des pays champion du monde de l’entourloupe ne pourrait pas laisser de telles occasions aux malotrus, aux truands de s’enrichir grâce à la complicité des cadres du parti, chacun y gagne, sauf, encore une fois, les pauvres gens ! Là où les uns gagnent (toujours les mêmes), les autres perdent (et encore les mêmes). Les investissements sont donc aujourd'hui insuffisants pour créer des conditions acceptables dans l'extraction de ces ressources, et d'en tirer des revenus suffisants pour les entreprises concernées, car ces entreprises sont très gourmandes en capital.


 

                La région du Xinjiang est une région qui a été « conquise » par la Chine dans des conditions très louches en 1949 (et cela le gouvernement chinois ne le crie pas sur tous les toits !), mais pour rien au monde elle ne consentirait à se séparer d’un « joyau » qui devrait resplendir de sa toute sa beauté (en futur yuan bien sûr) dans les années à venir. Plusieurs générations de fonctionnaires corrompus pourront encore, qu’ils se rassurent, s’en mettre plein les poches pendant encore bien longtemps, loin des projecteurs des villes « lumières » et symboles de la Chine (elles aussi empêtrées dans la corruption jusqu’au cou, mais dont les agissements sont peut-être quelque peu plus discrets, et autrement plus sombres) !!


 

Source : Souhu 搜狐


Wangyoann

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Pierre 10/05/2010 03:42


Bonjour,

D'après un ami chinois, cet attachement de la part du gouvernement chinois au Xinjiang viendrait aussi et surtout du fait que cette région est tout simplement (comme le Tibet d'ailleurs)une
frontière naturelle qui serait très utile en cas de conflit avec d'autres pays.

Je regarde assez souvent votre blog. On y apprend beaucoup de choses.
Par contre, si je peux me permettre, je trouve que quelques fois, au sein d'un même article, vous critiquez un peu trop le gouvernement chinois.J'ai bien compris que vos articles n'ont pas pour but
de faire l'éloge du gouvernement chinois mais il me semble que ses nombreuses répétitions au sein d'un même article dé-crédibilisent un peu votre message.

Bonne continuation,
Pierre