Les scientifiques chinois sont-ils réduits à la misère ? (2/2)

Publié le par wangyoann

            Monsieur Wu ajoute :

我们盲目追求文章的数量,只能被迫制造不少垃圾文章。原创性的成果不敢或不能尝试,怎么能够期待大的创新性成果Nous poursuivons aveuglément la quantité [publiée] d’articles, nous sommes forcés à produire beaucoup de textes « de merde ». Des résultats, des tests originaux, nous ne pouvons pas l’oser ou nous ne pouvons pas essayer, comment pourrions-nous espérer des résultats [aboutissants sur des avancées scientifiques] ?

 

            Voilà résumée en quelques phrases l’une des problématiques principales de la recherche chinoise.

 

 

Il faut avoir la foi !

      Quand on additionne tous ces éléments, on se dit qu’il faut vraiment en vouloir pour être à la fois chercheur et responsable de laboratoire en Chine.

 

Le cas de monsieur Wu montre à quel point la recherche, de manière générale en Chine, est pauvre en terme de moyen financier. Le budget annuel de monsieur Wu est calculé en fonction des projets approuvés par les différents départements (ayant quelque autorité que ce soit). En moyenne, chaque projet approuvé sont financé à hauteur de 1,2 million (environ 139 000 euros) de yuan, et en général, 4-5 projets sont approuvés pour son laboratoire par an, ce qui fait un budget total de près de 500 000 euros/an. Toutefois, 2 charges importantes pèsent sur le budget. La première charge concerne les équipements et les matériaux, soit entre 80 et 90 % du budget. La seconde charge porte elle sur les frais de personnel. Le laboratoire de monsieur Wu emploie 16 chercheurs (et 4 personnes supplémentaires), ce qui fait un salaire moyen par chercheur de 400 à 500 euros par mois !! Sans compter les années où le laboratoire obtient moins de projets ; dans ce cas, les salaires des chercheurs sont encore plus faibles !

 

En tant que responsable du laboratoire, monsieur Wu touche près de 1450 euros par mois. Sachant qu’il a passé de nombreuses années aux États-Unis, sachant qu’il n’a pas que très peu de week-ends et très peu de vacances, très clairement, il n’a pas fait ce choix d’un retour d’activité professionnelle en Chine pour des questions d’argent.

 

De retour en Chine après un début de carrière à l’étranger, la situation de monsieur Wu illustre les problèmes, en partie matérielles des chercheurs chinois, lorsque ceux-ci désirent retourner en Chine pour y travailler. La désillusion est bien souvent le seul sentiment qui reste après quelques mois ou quelques années après leur retour au pays ; peut-être finalement, cette nouvelle expérience sera-t-elle un tremplin pour un nouvel exode ?

 

 

[1] Jean-Louis Rocca (sous la direction de), La société chinoise vue par ses sociologues, SciencesPO. Les presses, 2008, 319 pages (et plus particulièrement le chapitre 10 intitulé « La crise de la recherche fondamentale », allant de la page 289 à la page 307).

 

 

Source : 凤凰网

 

Wangyoann

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