Papi fait de la résistance !

Publié le par wangyoann

            Le 16 juillet aux alentours de 16 heures, sur la ligne de bus numéro 8 dans la ville de Chengdu, les personnes attendant l’arrivé de ce bus s’y engouffrèrent dès que celui-ci stoppa devant son arrêt. Comme partout en Chine, les gens se précipitèrent, roulèrent des coudes, coururent afin de tenter d’arracher le précieux sésame : une place assise ! Tant pis si cela est au détriment de personnes âgées, de personnes handicapées ou de femmes enceintes, la compétition pour obtenir une place assise dans les transports en commun en Chine est ainsi, les plus forts et les plus coriaces (les plus mal élevés ?) sont donc ceux qui peuvent réussir à s’installer confortablement sur un siège. Ces petites scènes de la vie quotidienne dans les bus ou dans le métro en Chine sont tout à fait normales pour les Chinois. Les responsables politiques ou entrepreneuriales chinoises (en fait, nous ne savons pas quel terme choisir, puisque, comme vous le savez, ces messieurs ont tendances à accumuler les 2 fonctions, et cela en toute transparence, il n’y a aucun doute à avoir là-dessus ! [hum]) ont tout de même prévu un siège réservé aux « personnes âgées, aux personnes handicapées, aux malades, aux personnes faibles et aux femmes enceintes » (老弱病残孕). Mais voilà le hic, en Chine, peu de gens (surtout les jeunes d’ailleurs !) respectent les panneaux, par conséquent, aux yeux des jeunes, laissés son siège à une personne âgée ou à une femme enceinte est un « acte courageux », un « acte de sacrifice » !


          Le 16 juillet dernier, un « papi » est entré en résistance. Après être entré dans le bus, personne autour de lui, essentiellement des jeunes, ne lui laissa un siège. Il resta quelques instants devant le siège prévu pour les personnes « faibles physiquement » (déjà indiqué ci-dessus), puis sous le coup de la colère, il est descendu du bus et il s’est mis juste devant lui en saisissant les essuie-glace pour le bloquer où il aurait tenu les propos suivants « 没有人让座位,就不准公交车开走 » (personne ne [me] laisse une place, je ne laisserai pas alors le bus repartir), il est resté dans cette position jusqu’à ce que la police arrive 10 minutes plus tard sur les lieux. Après un arrangement avec les forces de l’ordre, tout le monde est retourné dans le bus, le « papi » a trouvé une place libre (négocié avec les policiers) et le bus a pu continuer sa tournée avec un retard d’une dizaine de minutes seulement. Cette histoire a fait le tour du net, et c’est ce succès, avec des photos à l’appui, qui lui a donné un grand retentissement dans les médias chinois.

 

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                                               Source: 新华网


          Ce petit épisode de la vie quotidienne illustre bien cette attitude de cette jeune génération d’ « enfant roi » (ou de « petit empereur »), où le respect envers les autres est si peu développé puisqu’ils ont eux-mêmes toujours baigné dans une atmosphère de toute puissance, où le moindre de leur désir fut assouvi sans la moindre réflexion, où le moindre caprice est vu par les parents comme un « déchirement » devant la nécessité de satisfaire ces petits « blancs-becs», les futurs « tyrans » d’une société en pleine déconfiture. Mais qui cela peut-il bien intéresser ? Surement pas les ploutocrates du parti dont leurs avortons monopoliseront bientôt les manettes du pays, eux-mêmes dans le « rôle » de petits tyrans.

 

 

Source : 搜狐

 

Wangyoann

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