Plus de citadins que de campagnards en Chine !

Publié le par wangyoann

     Pour la première fois dans l’histoire de la Chine, le nombre de personnes habitant en ville à dépasser le nombre de personnes habitant à la campagne.

     D’après le « livre bleu sur la société chinoise en 2012 », publié par l’Institut de sociologie de l’Académie des sciences sociales, c’est en 2011 qu’eut lieu cette bascule d’une population urbaine de plus en plus importante - aujourd’hui en France, ce pourcentage de la population qui vit en ville tourne autour de 78 % - c’est dire si le potentiel d’expansion des villes en Chine est encore considérable. Dès aujourd’hui, beaucoup de villes chinoises sont titanesques en superficie, et d’ailleurs il est bien souvent difficile pour les autorités de fournir des chiffres précis sur la superficie de telle ou telle ville ; des chiffres existent bien, mais il est impossible de les confirmer ou de les infirmer, tant ces espaces se développent rapidement et souvent de manière anarchique, de même parce qu’aucunes limites, panneaux ou indicateurs de quelques sortes qu’ils soient ne viennent borner, délimiter ces territoires.

     Prenons quelques exemples pour illustrer ce gigantisme urbain. Pékin s’étendrait sur plus de 16500 km², selon les sources ; Shanghai fait plus de 6500 km² ; Canton s’étale sur plus de 7400 km². Ou alors des villes dites de second ordre, telle que Ningbo qui a une superficie de 9800 km², Nanjing et ses 6600 km², etc. Nous pourrions encore multiplier ces exemples qui montrent à chaque fois des espaces extrêmement vastes, car même si Shanghai est une ville plus petite que Pékin, elle n’en reste pas moins la ville la plus peuplée du pays, elle représente tout de même 62 fois la superficie de Paris intra-muros.

     Même ci cette tendance lourde d’un déplacement de la population vers les villes s’observe depuis de nombreuses années, il ne faut tout de même pas oublier le poids fondamental des campagnes et de la place qu’occupent ces personnes dans l’économie du pays.

     Une autre question se pose quand on évoque les populations urbaines et rurales, c’est la place encore très importante du livret de résidence (Hukou 户口) qui a une fonction particulièrement sécuritaire de contrôle des individus, et qui a encore aujourd’hui un impact très fort dans la vie des gens, plus particulièrement dans la vie des migrants ruraux. Par conséquent, la frontière qui distingue le plus souvent les ruraux des urbains est celle créée par le hukou. Car même si des migrants ruraux ont la possibilité de s’installer dans des grandes villes, leurs conditions de vie sont malheureusement très souvent des plus précaires, puisqu’ils ne peuvent obtenir que des emplois non qualifiés (et selon les villes, bon nombre d’emplois leur sont interdits), mal payés, dépourvus de toute protection sociale ainsi que des logements de fortune. Cette population corvéable à merci est méprisée par les habitants de ces grandes villes, et un slogan aujourd’hui résume parfaitement la manière dont sont perçus ces gens : 要农民工的劳动力不要农民工,要农民的土地不要失地农民 (Nous voulons la force de travail des ouvriers-paysans, nous ne voulons pas des ouvriers-paysans ; nous voulons les terres des paysans, nous ne voulons pas des paysans qui ont perdu leurs terres).

     Pour celles et ceux qui souhaiteraient prolonger la réflexion sur ce sujet, vous pouvez lire le numéro 4 de l’année 2010 de la revue Perspectives chinoises dont le dossier principal s’intitule « Les migrants ruraux : en marge des villes, un pont avec les campagnes ». Un numéro très riche qui examine de nombreuses situations de migrants à travers les disparités du marché du travail, des soins médicaux, etc.

 

Sources : 南方都市报 ; Perspectives chinoises.

Wangyoann

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