Responsable de parti dans un village : corruption obligatoire ?

Publié le par wangyoann

     Les médias chinois viennent juste de publier la situation économique des différents responsables politiques chinois de niveau du village. Cette enquête montre un mécontentement très fort de la part de ces responsables en ce qui concerne leur salaire, et nous pouvons ajouter qu’il y a de quoi en effet d’être mécontent !

     L’enquête montre très clairement que ces responsables politiques gagnent en moyenne par mois environ 300 yuan (à peu près 30 euros), alors que les travailleurs migrants, c’est-à-dire les travailleurs venant d’une autre province que dans celle où il travaille, ont un salaire moyen de 700 à 800 yuan par mois ! Salaire qui bien sûr ne peut pas permettre de vivre, même à la campagne, où les produits, la vie en générale est moins chère. De plus, d’autres problèmes se cumulent quant à cette situation : retraite très faible (car cotisation faible), couverture médicale quasi inexistante, et autres droits auxquels peuvent prétendre les gens âgés en Chine.

     Que reste-t-il donc à faire, pour ces responsables, afin de vivre et de subvenir à leurs besoins fondamentaux ? Une seule solution : la corruption ! En effet, dans ce cas, on peut dire que l’État chinois encourage cette pratique dans les campagnes, et bien sûr elle encourage également ces pratiques dans les villes par d’autres moyens (que nous expliquerons dans nos prochains articles). Pourrait-on défendre pour ces « petits » responsables politiques (« petits » pour la simple raison qu’ils ont une position dans la hiérarchie politique chinoise la plus basse, car ils détiennent un « hukou » [户口] de la campagne !) l’idée d’une forme de corruption « légitime » (pour vivre au quotidien), opposée à l’idée d’une corruption « illégitime » survenant dans toutes les autres situations ?

     Car les maux fondamentaux de la société chinoise aujourd’hui, faut-il le rappeler, sont l’inégalité de la répartition des revenus et surtout la CORRUPTION !

Source :  凤凰周刊, fin décembre 2009.

Wangyoann

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