Scandale en perspective dans la Chine des fonctionnaires ploutocrates !

Publié le par wangyoann

     Début décembre 2009, les investisseurs chinois investissant dans la filière agricole ont du fêté l’événement en grande pompe (fonctionnaires et investisseurs, car en Chine ces gens-là n’ont pas peur du mélange des genres) ! Quel fut l’objet de cette joie immense ? L’autorisation, délivrée par les autorités chinoises, d’utiliser sur toutes les terres agricoles de Chine du maïs et du riz transgéniques !! Les grandes sociétés étatiques chinoises agricoles ont enfin réussi leur lobby auprès des autorités chinoises. Ce qui a surpris dans cette décision, c’est le caractère de l’autorisation délivrée, car celle-ci permet à ces sociétés (dont une partie des actions est détenue par au moins un scientifique [jusqu’à maintenant] qui a participé au jury statuant sur la délivrance d’autorisations de mise sur le marché de produits transgéniques) la possibilité d’employer ce riz et ce maïs transgéniques sur l’ensemble du territoire chinois !! Ce rien pas rien comme décision !

      Le journaliste chinois, Zheng Dongyang, auteur de cet article, continu en rappelant qu’aucun pays au monde n’avait permis, jusqu’à ce jour, que ses principales céréales (notamment le maïs et le riz, pour les pays asiatiques) puissent être cultivées sous la forme de céréales transgéniques ! Il faut rappeler que depuis 1999, aucune nouvelle autorisation d’utilisation de plantes transgéniques n’avait été délivrée, et là début décembre 2009, deux produits transgéniques sont autorisés !! Étrange tout cela ! La Chine se montre à nouveau innovante, elle est le premier pays à le faire !

      Cette décision, oh combien importante pour une Chine surpeuplée, met ainsi face à face deux « camps » quasiment arc-boutés sur leur position. Le premier « camp », celui des vainqueurs en quelque sorte, est représenté par les entreprises chinoises du secteur agricole, dont les arguments pour la commercialisation de ces céréales sont les suivants : «la production [de maïs et de riz transgéniques] et le revenu des paysans augmenteront de manières manifestes ». Le deuxième « camp », lui, regroupe les associations environnementales, à l’instar de Greenpeace, et dont les arguments peuvent être résumés ainsi : « la sécurité alimentaire de ces céréales transgéniques n’est pas clairement établie ; cela aura également une grande influence sur l’équilibre environnemental des campagnes ; prendre 1,3 milliard de Chinois pour faire des expériences est extrêmement irréfléchi ». Enfin, il y a un troisième « camp » en Chine, mais qui ne compte presque pour rien, c’est l’opinion publique ! Ce troisième « camp » exprime tout de même des doutes sur le processus d’autorisation, le manque de transparence sur la composition des membres du jury, sur les relations entre les membres du jury et les entreprises, etc.

      Enfin, Zheng Dongyang, conclut son article sur le point principal qui a peut-être été le point déclencheur de l’autorisation de commercialisation de maïs et de riz transgéniques : « quels sont les bénéficiaires de cette décision » ? On apprend que ce sont les scientifiques et les entrepreneurs qui se partageront la majeure partie de ce gâteau « empoisonné ». Pourquoi, tout simplement parce que cette filière agricole est un monopole d’État dirigé par ces mêmes scientifiques, qui sont eux-mêmes en étroite coopération avec le secteur privé (secteur privé qu’il faut relativiser, puisque de nombreuses entreprises « privées » sont en réalité des entreprises d’État déguisées !).

      La délivrance de ces autorisations s’est faite dans la plus grande opacité (ce n’est guère surprenant pour un régime dictatorial) qui va toucher à la vie de 1,3 milliard d’habitants ! Les dirigeants chinois se prendraient-ils pour des apprentis sorciers, en prenant un risque qu’aucun pays au monde n’a encore voulu prendre !

      Le but des responsables chinois est de faire de ses entreprises d’État des entreprises à l’image de Monsanto ; c’est vous dire vers quelle catastrophe la Chine se dirige !! Le monde selon (le) Monsanto chinois ?

 

Source : 凤凰周刊, fin décembre 2009.

Wangyoann.

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