B.Y.D. : Voyage au sein d’un futur géant de l’automobile ? (3/3)

Publié le par wangyoann

Une entreprise qui gagne de l’argent ?

            De nombreuses personnes s’interrogent sur les recettes des ventes du véhicule phare de la marque (F3), avec des prix si bas, comment cette entreprise peut-elle gagner de l’argent ? Pour certains spécialistes, l’entreprise gagnerait, malgré ces prix bas, environ 1000 euros par véhicule. Mais un ancien employé de la société tient lui un tout autre discours : « plus B.Y.D. vend de véhicules plus elle s’endette, car chaque véhicule vendu lui fait perdre 500 euros. Aujourd’hui, l’entreprise mise tout sur ses modèles F0 et F8 » !

            Ce qui suscite quelques suspicions sur les bénéfices de B.Y.D., c’est le modèle de production lui-même ! Nous l’avons déjà dit, le modèle de production est fondé sur le travail humain, les machines ne sont donc que très peu présentes dans l’entreprise. Toutefois, est-ce vraiment économique ? Un investisseur singapourien, Qiao Yinglu, répond : « le remplacement des machines par du personnel n’est pas vraiment économique, car le coût des machines peut être amorti dans le bilan de l’entreprise, cela permet donc de lisser ces coûts » ; le personnel ne peut pas, bien entendu, profiter d’une telle mesure comptable !!

            Cependant, un élément important met l’entreprise en porte à faux entre la qualité sans reproche qu’elle cherche à obtenir sur ses voitures, et l’utilisation prédominante de personnel ; car au final, la qualité de fabrication est beaucoup plus stable et pérenne avec des machines. Problème que l’entreprise commence à prendre en main, puisqu’elle a déjà investi jusque fin 2009, plus de 500 millions d’euros dans l’automatisation de ses processus de fabrication !

 

L’entreprise bénéficie du soutien des banques :

            Les banques de la région du Guangdong ont une confiance aveugle sur l’avenir de la société. Le responsable de l’une d’entre elles apporte deux raisons à cela : « les programmes de protection de l’environnement sont encouragés par le gouvernement chinois qui accorde des primes aux entreprises qui respectent ces programmes » [B.Y.D. semble être une entreprise peu polluante, elle doit donc recevoir d’importante prime !] ; seconde raison : « les bénéfices réalisés par sa branche “ batterie électrique ” sont importants » !

 

Des embûches à venir ?

            Sa position de plus en plus avancée sur le marché très compétitif de l’automobile suscite envie, « jalouserie » et bien évidemment l’attention des constructeurs étrangers implantés en Chine. Depuis plusieurs années, des équipes du constructeur japonais Toyota rôdent autour des véhicules présentés par B.Y.D. sur les salons du monde entier, en prenant moult photos. Un spécialiste averti des questions de règlementation affirme même que Toyota « serait en train de rassembler des preuves afin d’attaquer en justice B.Y.D. », il complète : « plusieurs entreprises chinoises ont déjà subi des procès pour le non-respect de la propriété intellectuelle en Europe et aux États-Unis, bloquant ainsi l’exportation de leurs modèles dans ces régions du monde » ; B.Y.D. devra-t-elle aussi faire face à des procès ! Tout du moins si elle souhaite vendre ses véhicules sur les marchés occidentaux, mais pour le moment, le marché chinois est si vaste, que la question ne se posera pour les dirigeants de B.Y.D. que dans quelques années !

            Si la part de marché de B.Y.D. progresse dans les mêmes proportions que ces dernières années, il est clair que les constructeurs étrangers ne se laisseront pas faire ! Mais comment pourront-ils  contrer ce futur mastodonte qui pèse déjà à la bourse de Hong Kong plus de 12 milliards d’euros ? Sachant par ailleurs que le réseau de relations du patron de l’entreprise atteint les sommets de l’État chinois ?

            Quelques chiffres pour finir sur ce constructeur automobile : le nombre de personnels à sa création en 1995 était de 20 personnes, fin 2009, l’entreprise employait plus de 140 000 personnes ! Le « village B.Y.D. » est situé à Shenzhen, seul les salariés qui ont une expérience dans l’entreprise de plus de 5 ans et ayant atteint un certain niveau peuvent prétendre y acheter un appartement (les prix sont de 2000 yuan le mètre carré, alors que les appartements autour du « village B.Y.D. » sont en moyenne de 8000 yuan le mètre carré). Les salariés travaillant dans l’entreprise depuis au moins 10 ans peuvent obtenir un certificat de propriété, sésame prouvant qu’ils sont bien propriétaires de leur logement.

 

Source : 新世纪周刊

Wangyoann

 

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